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« Mousquetaires », « Dalton », «Club Med » et « zizanie»

En pleine agitation autour de la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy recevra mercredi les députés de sa majorité  et il y a apparemment urgence au vu du triste spectacle offert par les membres de son  parti à l’occasion de son université d’été. La fébrilité gagne la majorité et dans la tempête les nerfs lâchent,  révélant de profondes lézardes dans l’unité de façade. Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée, a réclamé  la peau du « patron » du parti présidentiel,  Xavier Bertrand, en estimant que l’UMP  manquait de « pugnacité et de rassemblement ». Dans sa tentative d’OPA sur la direction du parti, il s’est allié avec trois complices, catalogués comme « chiraquiens » -il y  en a  paraît il encore !- le député Christian Jacob, le ministre du budget François Baroin et celui de l’Agriculture Bruno Le Maire.

Se présentant comme des « Mousquetaires », -plutôt les  «Dalton »  pour leurs adversaires sarkozystes-  ils invitent le parti présidentiel à  « faire preuve d’audace » et à accepter « le débat ». Pour remporter 2012, ils proposent « un contrat de gouvernement » fondé sur « le courage », « le rassemblement » mais  aussi « l’ouverture au monde » (sic).  Rappelons que M.  Copé avec certainement un comique très  involontaire quand on connaît le personnage, avait commis il y a quelques années un livre  intitulé,  « Promis j’arrête la langue de bois ». Encore une promesse non tenue.

Histoire de prouver qu’il existe encore, Alain Juppé a pointé le bout de son nez pour mêler sa voix aux critiques, tout émoustillé par les rumeurs d’un François Fillon quittant   Matignon, tandis que M. Copé a également critiqué le Premier ministre qui a osé « marquer sa différence » avec le chef de l’Etat sur la « sécurité ».

Le Premier ministre a prouvé une nouvelle fois qu’il ne contrôlait pas vraiment la majorité  sachant que son appel la semaine dernière  au « rassemblement » et à  stopper les  « petites phrases » est tombé à plat. Le ministre de la Relance Patrick Devedjian, qui a la rancune tenace et qui n’a toujours pas avalé son éjection de la direction de l’UMP, en a rajouté une louche contre le frère Bertrand en estimant dimanche que l’UMP méritait mieux qu’un « gentil organisateur du Club Med ».

Hier toujours, en déplacement dans le sud,  Xavier Bertrand et le ministre de l’Industrie Christian Estrosi ont tenté de ramener le calme en enjoignant les ténors de l’UMP à s’unir  autour de Nicolas Sarkozy. Nommé à la tête de l’UMP par ce dernier en 2008,  M.  Bertrand pouvait difficilement faire moins que d’en appeler au soutien inconditionnel  de celui qui l’a fait roi. 

Cette ambiance morose  de fin de règne, qui découle pleinement des échecs lourds de de gouvernement, de son incapacité à enrayer la spirale du déclin économique, social et identitaire de la France,   paraît peu à même d’impulser la dynamique nécessaire pour un second mandat du chef de l’Etat en 2012. 

C’est aussi pourquoi, comme le note très justement Philippe Waucampt dans on éditorial dans  Le Républicain Lorrain que  « Nicolas Sarkozy joue gros » avec la réforme des retraites », « la dernière avant la présidentielle ».

En effet,  « c’est elle qui donnera le signal de la campagne, comme est censé le démontrer le gouvernement resserré et rajeuni qui doit être constitué sitôt le projet de loi adopté par le Parlement. Il n’est donc pas question d’échouer sur cette réforme devant servir à fixer l’électorat de droite à l’orée de la mère de toutes les élections. D’autant que la crainte grandit dans la majorité d’un 21 avril à l’envers. Autrement dit d’un second tour confrontant le – ou la – candidat(e) socialiste à celui – ou celle – du Front National».

«  Dans ces conditions, conclut-il, la zizanie qui se réveille ces temps-ci à droite prend une tournure mortifère (…) ». Le comble serait en tout cas que la gauche mondialiste tire parti de  cette situation pour retrouver le chemin de l’Elysée, ce qui serait tout aussi catastrophique pour la France et les Français.

 

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