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« Sarkozy le petit »

Selon le baromètre TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine publié hier  à l’occasion du quatrième anniversaire de son arrivée à l’Elysée, 76 % des personnes interrogées déclarent désormais ne pas faire confiance au président de la République. Une  cote de confiance qui tombe  à 20% soit trois points de moins qu’en avril.  Edouard Lecerf, directeur général de TNS-Sofres précise que  « Ce n’est pas le président le plus bas après quatre ans d’exercice, il est à peu près dans les eaux de Jacques Chirac en 2006. » Oui mais voilà, en 2006 Chirac n’était pas candidat à sa réélection…

Dans la tentative de reconquête de l’opinion opérée par l’UMP, le parti a diffusé à 3,5 millions d’exemplaires un tract vantant  « les catastrophes » que  M Sarkozy  aurait  évité  à la France. Une campagne visant à  asseoir le  rôle de « protecteur » que   le chef de l’Etat  entend en jouer à plein, tout en    multipliant  les déplacements dans la France rurale et ouvrière pour redorer son blason auprès du peuple. Trop tard ?

Nicolas Sarkozy affirme à qui veut l’entendre qu’il est sur  de sa bonne étoile,  comme il l’a assuré dans le long entretien accordé à l’Express cette semaine :« Si je doute beaucoup, je redoute assez peu ». « Je ne m’interroge pas sur mon image (…) La meilleure communication, ce sont les résultats. »

Sarkozy  sait pertinemment qu’en politique on n’est jamais vraiment mort et   garde à l’esprit l’exemple de  « résurrections » spectaculaires. Car s’il est un  très mauvais président de la République, comme le souligne Paul Bacot, de Sciences politiques Lyon,  « Sarkozy est une bête de campagne qui peut trouver en lui les ressources, politiques ou extrapolitiques, pour remonter la pente »…  

Gaël Sliman , de l’institut BVA, note, à notre avis avec à propos, qu’ « En 2007, Nicolas Sarkozy avait gagné sur l’espoir. S’il l’emporte en 2012, ça sera davantage sur les craintes ». « Il peut se passer des tas de choses en un an. Il a une image rassurante en temps de crise » croit-il encore savoir.

Un avis partagé  par le directeur de Viavoice, François Miquet-Marty, pour qui le président doit continuer à jouer sa carte de protecteur des Français face à la mondialisation.

Mais ce costume de défenseur de la veuve et de l’orphelin,  au dessus du lot, est il encore un endossable avec un semblant de crédibilité   par un homme qui s’est évertué  pendant quatre ans à abaisser la fonction  présidentielle comme jamais avant lui ?

Dans un éditorial au vitriol qui lui est consacré  dans le dernier (excellent) numéro du Choc du Mois –consacré largement à la vague  Marine et populiste-, François Bousquet note  que Guaino peut rédiger tous  les discours  qu’il veut, c’est BHL qui conduit la politique étrangère et Alain Minc la politique économique. Quant à la politique culturelle, elle se partage  à pats égales entre Jacques Séguéla, Doc Gynéco et Enrico Macias. Qui survivrait à un pareil entourage ? » Et surtout est-ce bien  pour en arriver là que 53% des Français ont voté « Sarko » en 2007 ?

Si le chef de l’Etat est décidé aujourd’hui à prendre un peu de hauteur, l’éditorialiste du Choc relève pertinemment que la vraie rupture sarkozyste a consisté en  la « désacralisation du pouvoir. « Des deux dimensions de la politique, la sacrée et la profane, Sarkozy a écarté d’emblée la première. C’est  son crime de lèse majesté. Plus rien en lui ne relève de l’éminence monarchique. Dans Les deux corps du Roi, l’historien Ernst Kantorowicz avait montré en quoi le monarque médiéval possédait un double corps : le corps naturel, mortel, et le corps surnaturel, celui qui incarne le principe dynastique et ne meurt pas. Sarkozy a mis fin à tout cela (…) le 22 avril 2012 prophétise M Bousquet, les électeurs « vont voter sans pitié la mort du bouffon devenu roi le, temps d’un mandat.  »

Pour être juste, encore faut-il préciser, comme nous le  faisions le 1er février dernier,  évoquant  également  Kantorowicz, que c’est l’ensemble de la classe politicienne qui sombre à des degrés divers, dans  le dévoiement démagogique, dans la pipolisation, si ce n’est dans une certaine vulgarité,  passant du « du spectacle de la politique à la politique-spectacle ».

  La perte de crédit dont souffrent   ceux qui ont normalement pour mission de tirer le pays vers le haut,  est somme toute dans la  logique de la décadence de notre pays qui n’épargne pas  les  principaux responsables.

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