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Nouvelle année : de la lassitude à l’espérance

Lassitude …

Noël… fête spirituelle, fête familiale, dont la préparation m’a quelque peu éloigné de l’actualité politique, et même de l’actualité tout court. Lassitude aussi devant les images navrantes d’usagers des transports désemparés, de touristes déçus, d’agitateurs syndicaux cyniques, et d’un pouvoir aux abonnés absents, de moins en moins compréhensible. Si on le peut, comme c’est mon cas, mieux vaut fermer le poste et préparer les cadeaux des enfants…et des petits-enfants !

Polémique

Un épisode cependant, glané sur les chaînes de télévision d’information continue, retient passagèrement mon attention : la polémique entre le secrétaire d’État aux transports M. Jean-Baptiste Djebbari et le leader de la CGT M. Philippe Martinez. Le premier accuse le second d’intimidations et de pressions à l’égard des non-grévistes, ce dont de nombreuses séquences filmées ont apporté la preuve évidente. Il déclare, non sans raison, que la CGT pratique « un syndicalisme d’opposition systématique à toute réforme, de blocage et parfois d’intimidation »

Le second réplique que c’est le gouvernement qui, je cite, «organise le bordel dans les transports ». C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Et pourtant, Dieu sait, je suis pas un soutien de la politique du gouvernement….

Maladresse

Mais au fait, quelle politique exactement ? Et, au service de cette politique, quelle tactique de mise en œuvre ? Je partage la stupéfaction de nos compatriotes qui, alors que la France était déjà à-demi paralysée depuis plusieurs semaines, apprennent que les négociations, arrêtées le 15 décembre, ne reprendront que le 7 janvier.

Sans être ni Richelieu ni Machiavel, il me semble que lorsque l’on veut faire passer une réforme importante dont on sait qu’elle rencontrera de vives résistances, il n’y a que deux stratégies possibles : la première c’est de négocier au préalable, et d’annoncer le projet après être parvenu plus ou moins à un compromis. La deuxième, c’est de passer en force, presque par surprise. Je n’aborde pas ici le fond, ni la question morale, ni même celle de l’opportunité ; je parle seulement de tactique politique. Or les discussions menées par Monsieur Delevoye avaient pris deux ans. Deux années de négociations ! Il semble cependant que tous les «partenaires sociaux» découvrent seulement maintenant de quoi il s’agit. Le cafouillage est tel qu’aucun projet abouti n’est sur la table ! Passer en force aurait été une autre option, condamnable moralement et en opportunité, mais constitutionnellement réalisable : par des ordonnances, éventuellement avec le concours du célèbre article 49-3.

Au lieu de l’une ou l’autre de ces options, intellectuellement concevables, on assiste à un immense cafouillage. La fameuse universalité, pierre angulaire de la réforme est déjà largement entamée : les militaires, les policiers, les douaniers, conserveront leur système actuel (j’ignorais que le métier de douanier, pour lequel je n’ai par ailleurs que considération, fût à ce point physiquement pénible et usant). Mais aussi les contrôleurs aériens, Les danseurs et danseuses de l’opéra, les routiers, et les marins-pêcheurs, dont le métier, c’est vrai, est l’un des plus éprouvant physiquement. Mais à ce rythme là, que va-t-il rester de cette fameuse « universalité » ? M. Martinez le constate avec gourmandise : « Avec la grève, on obtient toujours quelque chose. Regardez, depuis deux semaines, on apprend chaque jour que tel ou tel régime spécial sera finalement maintenu ».

Incompréhension

De ce fait, les Français comprennent de moins en moins ce dont il s’agit : régimes spéciaux, régimes autonomes, caisses complémentaires, etc. On pressent finalement que la réforme, et avec elle la très vraisemblable baisse de niveau et l’augmentation de la durée de travail qui en résulteront, s’appliquera surtout aux salariés du secteur privé, qui eux, pourtant, contraints et forcés par la précarité de la situation économique actuelle, ne font pas grève. Comprenne qui pourra… Les vœux du Président de la république, que je viens d’écouter, ne m’éclairent pas vraiment. Et ce gouvernement apparaît de plus en plus comme une technocratie mâtinée d’une bonne dose d’amateurisme. Au plan tactique, il est difficile de faire pire…

Sectarisme

Autre sujet « d’importance ». Je découvre par hasard une photo du sympathique et brillant avocat franco-libanais Elie Hatem en compagnie du couple Macron. Et je vois sur les réseaux sociaux que cette photo a fait scandale. Car Elie Hatem est un sympathisant de l’Action Française. Le site Média-Part, en bon délateur professionnel, a révélé l’outrage : Elie Hatem est Maurassien ; Maurras était antisémite ; donc Elie Hatem est antisémite ; donc le couple Macron s’est fait photographier en compagnie d’un antisémite (C.Q.F.D.) ! Déchaînement des pleureuses et vociférations diverses. Le jeune Raphaël Glucksmann, qui conduisit la liste socialiste à de si piètres résultats lors des dernières élections européennes s’en indigne. Le député «France insoumise» Alexis Corbière embraye sur le même registre, etc. L’anecdote serait dérisoire, si elle n’était pas intéressante, en ce qu’elle révèle le sectarisme de la gauche mais aussi son inculture, et ce qu’il faut bien appeler sa bêtise. Si l’on réduit l’œuvre immense de Maurras à sa défiance à l’égard de certains Juifs, pourquoi ne pas en faire autant pour Voltaire (Voir par exemple l’ouvrage récemment paru « Voltaire antisémite » de Félix Niesche, aux éditions KontreKulture), pour Karl Marx (bien qu’il fût lui-même d’origine juive), et pour bien d’autres !

Médiapart a été fondé par M. Edwy Plenel. Il fut un adepte de Trotsky, le très sanguinaire révolutionnaire bolchevique, inventeur de l’élimination physique des adversaires de la révolution avant d’être lui-même assassiné sur ordre de Staline. Pareil pour Corbière, ancien militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Le père de M. Glucksmann était dans sa jeunesse un adepte de Mao Tse Toung, ce délicat humaniste qui fit des dizaines de millions de morts et maintint son pays dans une effroyable misère et une atroce dictature. Mais il est vrai, quand on est de gauche, on a tous les droits ! Les adhésions passées au totalitarisme seraient presque un brevet de générosité. Et parmi ces droits, le plus sacré est celui de s’ériger en professeur de démocratie, de dire le bien et le mal, et de vouer ses adversaires aux gémonies.

En regard, nous sommes beaucoup trop indulgents.
Nous pansons nos plaies avec discrétion. Nous n’accablons pas l’adversaire vaincu ou repenti. Nous n’exaltons pas en permanence le souvenir de nos martyrs. Nous avons tort. La gauche nous montre comment il faut procéder pour s’accaparer le discours, et à travers lui le pouvoir.

Espérance

Mais n’en restons pas là. A tous les lecteurs de « Présent », je souhaite une heureuse année 2020, pour eux-mêmes, pour leur famille, et pour leur journal, dont la pérennité relève du prodige, et qui tient, dans notre univers mondialiste de plus en plus totalitaire, le rôle libérateur que tenaient les « samizdat » circulant sous le manteau dans l’univers totalitaire du communisme. .

Au-delà des fidèles lecteurs de Présent, ce souhait sincère s’adresse à tous nos compatriotes : ceux qui partagent mes convictions, comme à ceux qui ne les partagent pas encore, et même à ceux qui y sont hostiles, bien souvent parce qu’ils en ont une vision déformée.

Je souhaite que les Français retrouvent l’espérance. Qu’ils sachent que les difficultés qu’ils rencontrent ne sont pas dues à la fatalité. Que l’on est pas obligé d’assister impuissant à la destruction brutale ou insidieuse de la famille, au découragement de ceux qui travaillent, à la progression du chômage et de la précarité, à l’impuissance ou à la corruption des dirigeants politiques, aux scandaleuses discriminations ou persécutions administratives, financières, judiciaires, qui frappent les dissidents que nous sommes, seuls Français pour lesquels il n’existe aucune présomption d’innocence, à la partialité de la justice, au règne brutal des voyous, qui, cette fois encore, ont “salué” l’année nouvelle par l’émeute et par l’incendie.

Non, rien de tout cela n’est irréversible !

Je souhaite que nos compatriotes retrouvent la force : d’accueillir la vie, de créer des richesses dont les autres comme eux-mêmes pourront bénéficier librement, d’être fiers de leur passé et de leur incomparable patrimoine, d’envoyer promener les sinistres prophètes qui les culpabilisent à force de repentances, et d’affirmer sans agressivité mais sans faiblesse qu’ils entendent rester maîtres chez eux, comme ils en ont le droit et même le devoir.

Tout cela est possible, mais ne dépend que de nous … et de la Providence, qui nous y aidera, si nous nous y aidons nous-mêmes !

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