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Avec nous avant qu’il ne soit trop tard !

L’information fait du bruit, le sondage CSA paru sur Le Monde.fr place Marine Le Pen en tête des intentions de vote chez les 18-24 ans : 26 % d’entre eux seraient prêts à voter pour elle le 22 avril (contre 13% au quatrième trimestre 2011) devant François Hollande 25 % des voix (en recul de 14 points sur cette même période !), Nicolas Sarkozy 17 % (en recul de deux points), Jean-Luc Mélenchon 16 % (+ huit points) et François Bayrou (11%). Certes Le Monde a rappelé qu’en 2002 déjà, Jean-Marie Le Pen arriva en tête des votes dans cette tranche d’âge, et la sociologue Anne Muxel confirmait hier soir sur RTL que le Menhir fit toujours de très gros scores, depuis l’émergence électorale du FN, au sein de la jeunesse. Mais il est tout aussi évident que Marine s’apprête à être plébiscitée par de très nombreux jeunes Français, notamment ceux qui subissent de plein fouet les ravages de la crise et du mondialisme.

« Spécialiste de l’extrême droite et du Front National », docteur en sociologie et chercheur à l’université Paris-Ouest-Nanterre, Sylvain Crépon a été interrogé par Le Monde sur cette enquête d’opinion. En avril dernier déjà, après les élections cantonales, il faisait part de sa « stupéfaction » : « Le FN devient un vote d’adhésion. Je pensais que ce vote était encore largement protestataire. Cela marque un tournant. »

Un tournant qui se confirme selon M. Crépon, car « il y a clairement un effet Marine Le Pen, qui tient beaucoup à son image. Il y a une identification à elle, compte tenu de sa vie et de son parcours. » Avec un discours: Tant que c’était le père, on ne pouvait pas aller vers le FN à cause de ses provocations sur l’inégalité des races et de la Shoah. On a vu ce que c’était à l’école et ça nous a traumatisés»…

« Jean-Marie Le Pen rebutait » affirme encore l »universitaire – sans vraiment convaincre au vu de ses résultats électoraux. Mais « dès que Marine Le Pen a émergé et a entrepris la dédiabolisation, ils se sont dit : Tout n’est pas bon à jeter. Elle critique son père, elle est jeune, divorcée, n’est pas contre l’avortement, ne dit pas du mal des homos. Marine Le Pen est un nouveau leader qui émerge dans le champ politique. »

M. Crépon explique encore cette poussée par « le discours républicain » de Marine Le Pen, le recours à la « laïcité » contre « l’islamisme», le côté « solidarité ethnique » « dans un contexte de crise économique où il n’y a pas de boulot ». Il note aussi que « moins on a de diplômes, plus on vote Front national. Mais c’est démultiplié chez les jeunes. Chez les moins de 25 ans, le soutien à Marine Le Pen passe de 10 % pour ceux qui poursuivent leurs études après le bac, à plus de 30 % chez ceux qui les ont arrêtées. »

Bref si l’on suit les analyses de M Crépon, moins l’électeur du FN a de diplômes, plus il serait sensible à un discours affichant « une certaine solidarité avec les homosexuels », rappelant les principes de la « laïcité », le « droit à l’avortement », « la mémoire de la shoah »… N’en tirons aucune conclusion inverse concernant nos diplômés, frontistes ou non !…

Certes, les intentions de vote des jeunes semblent encore plus volatiles que leurs aînés, notamment ceux appartenant à cette France des invisibles à laquelle s’est adressée Marine au cours de cette campagne. En décembre dernier Le Monde déjà s’inquiétait « Que fera, en 2012, cette France qui se sent reléguée, à tous les sens du terme ? Pour qui voteront ces quelque 40 % d’électeurs qui affirment aujourd’hui ne se reconnaître ni dans la gauche ni dans la droite ? Le vivier est stratégique : si elles ne sont pas reconquises, ces quelque 16 millions de voix peuvent se réfugier dans l’abstention ou le vote Front National ».

« Politiquement, il s’est produit quelque chose dans cet électorat, un point de rupture, soulignaient Alain Mergier et Jérôme Fourquet (de l’Ifop) dans cet article « qui, par des chemins différents, en sont arrivés à la même conclusion : pour une partie de l’électorat populaire, le vote FN n’est plus un vote de sanction ou d’avertissement mais un vote d’adhésion. »

« Bouder les urnes devient de plus en plus une façon de sanctionner l’offre politique » relevait aussi dans cet article Anne Muxel, même s’il s’agit d’une attitude souligne Bruno Gollnisch , qui permet surtout au Système de se maintenir en place. C’est pourquoi jeunes et moins jeunes ne devront pas laisser passer les occasions qui s’offrent à eux dés le 22 avril de se faire entendre. Le vieux slogan frontiste « Avec nous avant qu’il ne soit trop tard » reste plus que jamais d’actualité !

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