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Des trous de mémoire de Loiseau à la réponse de l’Espagne

Urne de voteA défaut de nous convaincre, Nathalie Loiseau a au moins le mérite de nous faire rire, tant ses tentatives pour nous prendre pour des imbéciles sont grossièrement stupides et naïves. Minute et Mediapart ont révélé ces dernières semaines l’engagement de Mme Loiseau sur une liste d’extrême droite montée par le GUD, l’Union des Etudiants de Droite (UED) lorsqu’elle préparait l’ENA en quatrième année à Sciences-Po en 1984. La Madame Europe d’Emmanuel Macron a expliqué que c’était à l’insu de son plein gré. Elle aurait accepté d’y figurer par «amitié», souci du «pluralisme». Elle aurait ignoré que ladite liste comptait en son sein des gens «d’extrême droite», qu’elle n’avait pas perçu la «couleur de la liste» (sic). Bien, évidemment personne n’y croit et cela s’avère tout de même un peu gênant quand on prétend  être un rempart contre la lèpre nationaliste… Journaliste à Mediapart, Ellen Salvi relayait cette confidence d’un des anciens responsables (aujourd’hui élu RN) de l’UED : « Il était impossible de ne pas savoir, dans le contexte très clivé de l’époque, que c’était une association très à droite, les fachos de Sces-Po selon l’extrême gauche.»  La socialiste Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement qui, malgré ses études à l’institution Jeanne d’Arc de Dakar confond saint Thomas et saint Thomas d’Aquin, a essayé de voler au secours de Mme Loiseau. Là aussi de manière un brin pathétique en évoquant, dixit Le Figaro, « sa propre situation : J’ai été syndicaliste étudiante. Sur la même liste que moi, y’avait des gens qui étaient à la LCR [Ligue communiste révolutionnaire, NDLR] ; est-ce que vous allez me dire que je partageais leurs idées ? Non je ne les partageais pas. C’est la vie étudiante» (sic). Mme Loiseau a d’ailleurs achevé de se ridiculiser en traitant (tout comme Aurore Bergé), le patron de Mediapart, Edwy Plenel, de «Maoïste», alors que c’est  un trotskyste pur jus et certainement pas un mao…L’inculture politique est décidemment bien partagée au sein de LREM… et de l’Enarchie?

En fait de lèpre nationaliste et populiste, comme ils disent, les progressistes européistes ont du souci à se faire car celle-ci atteint désormais l’Espagne, comme ce dimanche d’élections législatives en a apporté la confirmation. Le parti anti-immigration, anti-séparatiste et défenseur des valeurs traditionnelles Vox de Santiago (« Santi ») Abascal a réalisé la percée annoncée par les sondages et dont témoignait l’affluence record à ses réunions publiques.

Le dirigeant de Vox s’est félicité hier des résultats de son mouvement. Ancien du Parti Populaire (PP), ex élu du Parlement basque, Santi Abascal a subi comme beaucoup  de ses compatriotes le poids des sanglantes années de plomb et du terrorisme des extrémistes de gauche de l’ETA. Son attachement à l’unité espagnole est logiquement très fort et fondé, comme son refus d’une immigration massive qui porte elle aussi en germe conflits et violences.

Les enquêtes pronostiquaient certes un score un peu plus important pour un tout jeune mouvement comme Vox, encore inexistant électoralement il y a quelques mois. Il recueille finalement 9,97% des suffrages et 23 sièges. Et ce,  au terme d’une campagne ou cours de laquelle ont été martelés les appels à faire barrage contre de l’extrême droite; législatives qui n’ont pas été boudées par la grande masse des électeurs avec un taux de participation (plus de 75%) en forte hausse, neuf points de plus qu’en 2016.

Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez a viré en tête hier soir assez largement. Son parti, le PSOE, obtient 29% des voix et 123 députés, en hausse par rapport au au précédentes législatives (ils étaient 85 en 2016) mais sans atteindre la majorité absolue de 176 élus. Ce qui laisse présager la poursuite de l’instabilité politique générée depuis 2015 par l’éclatement du bipartisme qui régnait depuis 1975 et la fin du franquisme entre le PSOE et les conservateurs du Parti Populaire. Les résultats de ce dimanche peuvent contraindre M. Sanchez à essayer de monter une coalition avec la formation d’extrême gauche Podemos ( 33 sièges) et… les indépendantistes catalans (22 siéges). Ces derniers ont notamment fait élire cinq des leurs, aujourd’hui détenus par la justice espagnole pour leur implication dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017….

Le grand perdant des législatives est incontestablement le PP qui s’est fait tailler des croupières par Vox et qui réalise le plus faible score de son histoire avec 66 sièges (137 en 2016). Quant aux centristes-libéraux-progressistes de Ciudadanos (dont les élus siègent au parlement européen au sein du groupe social-libéral-fédéraliste ALDE) ils augmentent très sensiblement leur score avec 58 élus contre 32 il y a trois ans. Malgré les propos très durs contre Pedro Sanchez pendant la campagne du patron de Ciudadanos, Albert Rivera,   un rapprochement entre ce parti et le PSOE pour former une coalition n’est pas à exclure selon certains observateurs. Notons encore que Ciudadanos a apporté son soutien à la candidature de Manuel Valls (lequel a voté pour la première fois en Espagne ce dimanche), à la mairie de Barcelone dont le scrutin aura lieu dans un mois.

Beaucoup de  commentateurs ont fait étalage  de  leurs réflexes pavloviens en insistant sur le fait que l’arrivée de Vox au parlement devait être analysée comme le retour de l’extrême droite 44 ans après la mort du général Franco. C’est là une façon de voir les chose très caricaturale consistant à comparer deux moments historiques très différents; d’autant que le PP a intégré en son sein lors de sa création nombre d’anciens cadres du franquisme et rallié les suffrages d’Espagnols qui ont soutenu l’œuvre de Franco. Des décennies plus tard, les Espagnols qui votent Vox manifestent plus prosaïquement un désir de maintien d’une unité, d’une stabilité, d’une culture et d’une identité nationales, qui n’est pas l’apagnage de l’extrême droite. Une étiquette, note Bruno Gollnisch, que les progressistes collent avec fébrilité à tous ceux qui refusent leurs vieux dogmes transfrontièristes, pluriels, multiculturalistes qui sèment partout en Europe le chaos, la récession et la violence.

 

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