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« Abdallah », « Mussolini » et « l’avant-garde » : retour de flamme

Dessin de Konk non à la haineBruno Gollnisch l’a souvent dit, la diabolisation du FN par le microcosme n’est pas, n’a jamais été  de notre fait. Respectueux  de la légalité républicaine et du jeu démocratique, le Mouvement national dénonce notamment la politique d’immigration de l’RPS mais les adhérents frontistes ne se sont jamais attaqués aux immigrés, ni aux  réunions de  nos  adversaires;  ils  n’ont  jamais brûlé vif des enfants, poignardé  des participants à la gay pride, ou décapité quiconque. Le  nationalisme pacifique et raisonné du FN  n’a jamais été mû par la haine de l’autre, de l’étranger mais  par la volonté de sauvegarder nos valeurs civilisationnelles, une  certaine idée de la France.   Et si ladite diabolisation des patriotes  est  bien  moins efficace aujourd’hui qu’hier,  cela découle largement de la prise de conscience croissante de nos compatriotes, à la lumière de leur vie quotidienne,  des mensonges des partis du Système et  de leurs compagnons de route, de leur incapacité à  sortir la France de l’ornière, de leur déni  idéologique du réel. Ce qui par contraste a rendu audible, perceptible la légitimité, le bien fondé,  la véracité des avertissements et du programme défendu par l’opposition  nationale et Marine ces dernières années.  

Mais Bruno Gollnisch l’a affirmé pareillement,  tant que le FN continuera de défendre notre identité, notre souveraineté, la civilisation helléno-chrétienne, une vision géopolitique de « troisième voie », et  s’opposera frontalement aux forces obscures du mondialisme, il sera par définition toujours l’ennemi à abattre pour le  microcosme et ses relais d’influence qui détiennent les manettes du pouvoir.

Bref,   la dédiabolisation du FN aura toujours ses limites, que ce soit   au sein  d’une frange plus ou moins conséquente de notre peuple qui  reste, restera soumis, par choix, passivité, conditionnement,  abrutissement audiovisuel,  fainéantise intellectuelle à la propagande orwellienne,  antinationale , mais aussi et surtout au sein de la Caste politico-médiatique.

L’actualité toute récente nous en offre quelques exemples assez emblématiques. Les médias se sont ainsi fait largement l’écho de la citation à comparaître mercredi du maire FN de  Beaucaire (Gard), Julien Sanchez,  par des commerçants musulmans. Ces derniers, dont l’argumentation a été très complaisamment reprise dans la presse, jugent  « discriminatoires » deux arrêtés municipaux destinés à fermer les magasins dans certains quartiers de la ville pendant la nuit.

Abdallah Zekri, président d’un fantomatique « Observatoire national contre l’islamophobie » au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), ex adhérent de l’UMP, partisan d’ajouter deux jours fériés musulmans à notre calendrier français, a estimé que « ces arrêtés municipaux visent substantiellement les commerçants d’origine maghrébine de confession musulmane ». Pourquoi ? Et bien dit-il,  parce que  la « période visée par les arrêtés » (jusqu’au 31 octobre), « couvre la période du ramadan, et plus généralement la période estivale, qui représente l’activité commerciale la plus importante pour les commerçants visés. Les mesures prises par ce maire visent à asphyxier l’activité économique de ces commerçants, en raison de leur appartenance à la religion musulmane»!

Paranoïa ? Volonté de se faire de la pub à moindre frais ? De créer des tensions ?   Incompréhension ? Méconnaissance de la situation locale ? Il est loisible de s’interroger sur les raisons de  cette montée au créneau de M. Zekri car la très grande majorité des  habitants de Beaucaire approuvent  cette décision municipale frappée au coin  du bon sens et du pragmatisme. Comme l’a précisé Julien Sanchez, il n’est pas nécessaire  de chercher la petite bête (immonde), la pulsion discriminatoire comme ressort inavouable des  arrêtés en question. Ils ont été  pris à la demande des riverains des quartiers concernés  qui l’ont alerté. Ils visent  ainsi plus prosaïquement «  à garantir la tranquillité des habitants en termes de bruit ou d’alcool. »

De manière plus répugnante, et plus bêtement pathétique, Steeve Briois, a été lui aussi attaqué ces derniers jours en sa qualité de maire d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), à l’occasion de l’inauguration de l’animation estivale -piscine et  jeux aquatiques-   organisée par la ville.

Le crime de Steeve ? A l’évidence pour l’opposition antifrontiste le soutien populaire dont  il bénéficie au regard de sa gestion de la ville et le  fait que  cette dernière initiative festive ait été très bien accueillie. Sur son compte facebook le maire FN a ainsi posté des photos  dont quelques-unes  le  montre  en train de se baigner  au milieu de ses administrés  ou  de glisser sur un toboggan.

Le secrétaire fédéral adjoint du Parti socialiste et  conseiller municipal d’opposition Stéphane Filipovitch a tout simplement « pété les plombs » en découvrant ses images. Il  a écrit sur son blogue le 25 juillet, avant d’être repris dans la presse,   que «  ce type de propagande populiste a connu des précédents dans l’histoire » (…).  « Etre prêt à tout, se déshabiller pour s’attirer les faveurs, cela porte un nom… Et au-delà du fait que cette présence d’un homme photographié dans l’eau avec des mineurs est déjà très limite, (…) je crois que nous devons collectivement nous élever contre ce dévoiement de la fonction d’élu. »

Last but not least,  il ajoute encore :   « Faire corps avec son peuple fut et reste le projet de nombres de dirigeants qui, à un moment ou un autre, ont besoin de détourner l’attention du peuple. Mussolini, maître dans l’art de la mise en scène, savait ce qu’il faisait lorsqu’il se prêtait à ce jeu. »

Un tel concentré d’insinuations perverses et de raccourcis débiles (dans  tous les sens du terme) en dit assez long sur le désarroi,  la nécrose intellectuelle qui frappent la boutique socialiste. Et sur cette sourde pulsion totalitaire qui est constitutive de l’Adn  de la  gauche française,  qui ne demande souvent qu’à se révéler, consistant à ôter toute dignité à son adversaire et/ou à le qualifier de monstre, de malade.

A ce petit jeu là nous pourrions nous aussi noter qu’au physique M. Filipovitch et son crâne rasé est  plus proche  de l’ex instituteur socialiste devenu Duce -pour le reste il a  certes infiniment  moins  de talent  d’expression que ce dernier -,  que les rares  sans-culottes qui gravitent encore dans les réunions du PS.

Pour être tout à fait honnête, ajoutons que ce petit cadre  socialiste ne  fait que régurgiter au  niveau local, la tonalité des discours « antifascistes »  tout aussi aberrants, emphatiques  et stupides d’un Manuel Valls ou d’une Christiane Taubira. François Mitterrand n’en fini pas de se retourner dans sa tombe…

Enfin, L’Obs a lui aussi pondu aujourd’hui  un papier, sous la plume de Denis Demonpion, qui vaut lui  aussi son pesant de cacahuètes progressistes.

Il est consacré  à l’entrepreneur Charles Beigbeder, frère de l’écrivain  Frédéric Beigbeder,  un  «catholique d’origine béarnaise »,  «candidat à la présidence du Mouvement des entreprises de France (Medef) en 2005 », «membre du conseil exécutif sous la présidence de Laurence Parisot (2005-2013) ». C’est aussi un  ancien secrétaire national de l’UMP «  avant d’en claquer la porte », qui fut candidat lors des dernières élections municipales à Paris sous ses propres couleurs, « sous l’étiquette Paris libéré, contre la candidate officielle de l’UMP Nathalie Kosciusko-Morizet. »

Or,  croit savoir L’Obs,  Charles Beigbeder  vient de « (déclarer au Scan du Figaro) sa flamme au Front National: Je n’hésiterais pas une seconde et n’aurais aucun état d’âme à soutenir le FN, lors de l’élection présidentielle de 2017 ».

« Ces déclarations fracassantes (…) tombent alors que Le Point révélait dans une récente édition qu’il  avait déjeuné le 20 mai avec la députée frontiste Marion Maréchal-Le Pen, envisageant la création d’un réseau participatif d’action politique, L’avant-garde. »

« Une structure » ajoute sans rire  l’auteur de l’article, «dont l‘appellation rappelle clairement les mouvements extrémistes de droite des années 1930. » Ah bon ? L’heure est grave !

La prise de position  de Charles Beigbeder   a « provoqué la stupéfaction au sein de l’organisation patronale (le Medef, NDLR) » est-il précisé,  un responsable du Medef s’empressant d’ajouter que le traître n’est bien évidemment  pas « un grand patron » (sic)  et que la contagion frontiste au Medef devrait être  limitée. Sur ce dernier point, on veut bien le croire…

Mais déjà  le factieux aurait montré le bout de son museau puisqu’«en mars 2015, il s’était allié avec l’ancien ministre Charles Millon, qui dans le passé n’avait pas hésité, lui aussi, à s’allier au Front National (en l’occurrence en Rhône-Alpes en 1998  sous la pression de Bruno Gollnisch, NDLR) , pour fonder une boîte à idées libérale-conservatrice Phénix. Le collectif comprend également la responsable de la Marche pour la Vie, Julie Graziani, et l’ex-responsable de la Manif pour tous, Anne Lorne. L’objectif affiché consiste à proposer un programme politique au candidat de la droite à l’élection présidentielle ».

« Dans Un roman français, Frédéric Beigbeder qualifiait son frère d’homme parfait (…). Une connaissance des deux hommes notait : Entre les deux frères, ça va être épouvantable.» Quelque chose nous dit pourtant  que Frédéric en a vu d’autres,…

« Le  même (homme)  ajoutait que l’objectif de Charles Beigbeder, un homme aux convictions plutôt équilibrées, était peut-être capable de faire évoluer le FN vers une droite modérée. A moins que l’inverse ne se produise ».

Petite question  toute simple  en effet : quel serait l’intérêt de faire évoluer le FN vers une droite modérée ? La place est déjà  prise… et  on constate  les résultats.

Finalement, Charles Beigbeder a choisi quelques heures plus tard  de revenir sur sa déclaration, prétendant avoir été mal compris et qu’il restait fidèle à sa famille politique, «la droite» (laquelle?).  « Je n’ai jamais prétendu, a-t-il précisé,  comme cela m’est prêté, que je serais amené à soutenir sa candidate (Marine Le Pen, NDLR) en 2017. J’ai simplement affirmé que je n’hésiterais pas une seconde à soutenir celui ou celle qui reprendrait mes propositions, quelle que soit son étiquette partisane. » Et « ce n’est pas le cas du programme du FN, loin de là, je tiens à être clair sur ce point ».  Une marche arrière toute à mettre sur le compte là aussi d’une diabolisation toujours efficace au sein des élites?

 

 

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