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« L’école du futur »… républicaine et méritocratique ?

 

François Hollande était lundi à la Sorbonne, devant un parterre de ministres, dont le très militant Vincent Peillon, pour y tenir son discours sur « L’école du futur » …qui se présente bien mal. Le chef de l’Etat venait y recevoir symboliquement le rapport,  fruit de deux mois de discussions et d’une vaste concertation avec 800 experts, élus et autres syndicalistes et enrichi par les contributions de 8 000 « internautes ». Un texte forcément « citoyen » qui servira officiellement de base pour la loi d’orientation et de programmation qui sera soumise au vote de l’Assemblée nationale début 2013.

Nous avons souvent évoqué ici les ravages de l’idéologie dominante sur notre système scolaire : babélisation des établissements, mémoricide (disparition de pans entiers de l’enseignement de notre histoire et accompagnant ce phénomène, suppression de la chronologie dans ces programmes), propagande anti-nationale au nom de l’antiracisme, de la diversité et autre théorie du genre; pédagogisme destructeur promu par les libéraux-libertaire, autorité des maîtres vacillante…

En filigrane du discours du chef de l’Etat lundi, nous retrouvons  tous les mauvais travers d’une gauche incapable de sortir de ses vieux schémas soixante-huitards et obsédée par la question qui la taraude le plus : comment intégrer les enfants d’immigrés…pour en faire de futurs électeurs socialistes bien obéissants et  débarrassés de leurs mauvaises pulsions « culturelles ».

Il s’agit déjà apparemment de les arracher le plus tôt possible à ce que nos socialo-libéraux doivent considérer comme l’influence néfaste du foyer familial. Alors que 15 à 20% des enfants finissent le CM2 en échec, François Hollande a annoncé que la scolarisation des enfants de moins de 3 ans serait relancée l’année prochaine dans les zones à forte densité d’immigration, baptisées en novlangue, « territoires en difficulté » – un professeur de maternelle supplémentaire dans la classe permettra de travailler en petits groupes.

Prenant acte que les sigles évoquant directement des lieux où les établissements sont fortement touchés par l’immigration de masse sont des repoussoirs, François Hollande a préconisé… de ne plus les utiliser ! Le quotidien Libération s’en réjoui : « Les ZEP (zones d’éducation prioritaire), les RAR (réseaux ambition réussite), les Eclair (écoles, collège, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite)… tous ces acronymes barbares devraient disparaître. Je préconise une autre approche, a déclaré M. Hollande, une aide personnalisée aux établissements, qui recevront plus ou moins de moyens selon qu’ils se trouvent dans des territoires difficiles. »

« Pour le chef de l’Etat, les politiques d’éducation prioritaire doivent être repensées. Alors que l’on voulait aider les établissements classés ZEP, en leur attribuant plus de moyens – de la discrimination positive -, leur appellation ZEP a fait peur aux familles les plus informées et a incité à les contourner. » …Notamment par tous nos braves élus de l’UMPS parents d’élèves et apôtres du  vivre-ensemble qui évitent soigneusement d’y scolariser leurs enfants, allez savoir pourquoi…

»Ces écoles se sont davantage ghettoïsées » note encore Libé au cas ou le lecteur n’aurait pas compris, aussi, « le chef de l’Etat prône à la place un traitement individualisé des établissements, mais qui reste flou ». Et pour cause car ce n’est pas en cassant le thermomètre ou en changeant son emballage qu’on fait tomber la fièvre…

Citons ici à ce propos l’étude de l’Insee sur le parcours scolaire des enfants d’immigrés publiée mercredi. Ces derniers sont plus nombreux que l’ensemble des personnes de 20 à 35 ans ayant été scolarisées en primaire en France (18% contre 12%) à ne pas avoir de diplôme du secondaire (CAP, BEP ou bac). Ce taux atteint 32% chez les enfants d’immigrés turcs, 24% parmi les descendants d’immigrés algériens et 22% parmi ceux d’Afrique subsaharienne. En revanche, ce taux est nettement plus faible parmi les enfants d’immigrés européens (12%).

En 2009 est il précisé, seuls 61% des descendants d’immigrés d’Afrique avaient un emploi cinq ans après leur sortie du système éducatif, contre 82% pour les descendants de natifs de France. Et lorsqu’ils accèdent à un travail, ils occupent davantage un emploi précaire que leurs contemporains français de souche . Selon Pascale Breuil, chef de l’unité des études démographiques et sociales à l’Insee, cela « prouve que l’école ne parvient pas à réduire l’impact des différences sociales.»

M Hollande a promis également, dès la rentrée 2013, la création  l’université de nouvelles écoles supérieures du professorat et de l’éducation , mais aussi moins de devoirs et de redoublements. Quant à  «la notation», «elle  doit indiquer le niveau plus que sanctionner», pour ne pas traumatiser les enfants bien sûr avec ce fascisme sournois sous-jacent à tout classement…

Enfin, François Hollande a défendu l’introduction de la morale laïque à l’école : «Ce n’est pas vouloir enrégimenter, imposer des dogmes, une orthodoxie, une raison d’Etat : c’est l’inverse, c’est permettre à chacun de construire sa liberté dans le respect de celle des autres. La morale laïque est une idée chère à Vincent Peillon, un agrégé de philo qui a, entre autres, écrit un livre sur Ferdinand Buisson, philosophe et penseur de l’école laïque et républicaine… ». Inventeur du mot laïcité, Ferdinand Buisson présida la commission parlementaire chargée de mettre en œuvre la séparation des Églises et de l’État. Confondateur et président de la Ligue des droits de l’Homme, il obtint le prix Nobel de la Paix en 1927 avec le pacifiste allemand Ludwig Quidde.

Evoquant récemment l’ouvrage de Natacha Polony « Le pire est de plus en plus sûr, Enquête sur l’école de demain », Pierre Le Vigan constate avec elle que « les libéraux et libertaires ont frappé au cœur la conception républicaine » –la vraie- « de l’école publique ». « Pour les pédagogistes, les savoirs sont moins importants que le savoir-être, que l’éveil des capacités, que la construction de ses propres savoirs par le jeune (…) ils croient au fond en un état de nature qu’il suffirait de réveiller au lieu d’éduquer et de travailler pour s’élever. »

« Pour les libéraux et le milieu des grandes entreprises, l’école doit former aux métiers, elle doit former à l’entreprise, être ouverte sur l’entreprise (…) l’idéologie dominante voulue par les libéraux obsédés par la croissance économique, c’est l’idéologie d’une école qui doit permettre, comme le relève Natacha Polony, de « s’adapter à la société moderne ».

« Paradoxe : quand l’école était totalement séparée du monde de l’entreprise, soit dans les années 50 et 60, tous les diplômés trouvaient du travail, et depuis que l’école est obsédée par l’idée de préparer au monde du travail, les diplômés n’en trouvent plus. Ce n’est pas seulement parce qu’il y a du chômage, c’est parce que quand on veut courir après les métiers et courir après les besoins économiques, on raisonne à, court terme et on est toujours en retard ».

Et Bruno Gollnisch partage cette réflexion selon laquelle « L’école doit d’abord former des citoyens » et « pour former des citoyens l’école doit partir du principe qu’il y a bel et bien des savoirs à acquérir, et non des intuitions intimes à réveiller, sorte de rousseauisme primaire prégnant dans l’idéologie dominante(…) ». « Si nous ne réhabilitons pas l’école républicaine et méritocratique, c’est la France elle-même comme notre maison commune qui sera morte. »

 

 

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