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Sondages, refondation, Congrès de Lille: ravivons la flamme !

La formule est heureuse, « les sondages c’est comme le parfum, il faut les humer mais ne pas les boire » notait  l’ancien Premier ministre et président israélien Shimon Péres décédé en 2016. Il faut en effet  toujours les appréhender avec le recul nécessaire. Cette semaine précédent le Congrès du FN à Lille,  des enquêtes d’opinion  sur le FN ont été assez logiquement publiés dans les médias. Dire qu’elles nous satisfassent totalement serait mentir, affirmer qu’elles sont  biaisées, mensongères, totalement  partiales et à charge  serait aussi contraire à la vérité. Bien  évidemment nous ne sommes pas dupes de certaines méthodes employées,  à commencer par la formulation des questions posées qui influence grandement la réponse. Pareillement, les résultats obtenus par les  sondeurs  varient parfois assez sensiblement du fait de l’inévitable marge d’erreur, et il leur appartient  de choisir de publier la fourchette haute ou la fourchette basse du résultat ,  parfois (souvent)  en fonction  de leurs  appétences ou des attentes du (ou des) commanditaire(s). Les responsables des   instituts de sondage ne sont pas non plus des amis de l’opposition nationale mais frayent en général dans les mêmes  eaux que ceux des partis qui la combatte, mais il faut aussi avoir conscience qu’ils engagent aussi leur réputation de fiabilité, de professionnalisme, de sérieux  après la publication de chaque étude, ce qui est tout de même un garde-fou important à toute dérive trop partisane. Et ce,  notamment à l’heure  des réseaux sociaux,  de l’émergence d’une information, de médias alternatifs. Il apparaît enfin que nous avons pu constater ces dernières années que les résultats du FN qui ont été   pronostiqués  par les sondages dans les différentes élections  se sont avérés  assez proches de la réalité.

Marine l’a dit, le débat du 3 mai face à Emmanuel Macron a été raté.  La vie  politique est cruelle, il aurait eu pour effet d’impacter les efforts, le long, patient et minutieux travail entrepris par la présidente du FN pour asseoir  dans l’opinion l’idée  de notre capacité à diriger demain le pays d’un main  ferme et sûre. C’est en tout cas  l’analyse qui est faite par les journalistes-spécialistes et autres politologues qui se sont  succédés sur les plateaux pour commenter les deux sondages parus mercredi:  celui annuel  de Kantar Sofres-OnePoint publié par France info et celui d’Elabe L’Opinion en direct pour BFMTV

Ce dernier indique entre autres  que 34% des sondés  estimeraient  que les mesures prônées par Marine seraient susceptibles  de  réformer le pays, 34% également  qu’elle comprend les Français, tandis que  37% des personnes interrogées  affirmeraient  que ses idées sont bonnes. Cette enquête s’emploie aussi à interroger parallèlement  les Français sur Marine et sur Marion Maréchal . Elles sont  notamment jugées  courageuses (respectivement par 56% et 59% des personnes interrogées) et  dynamiques (53%  et 65%)

La cote de popularité de de Marine reste encore très  forte chez   les sympathisants du FN  indique encore cette enquête: «75% croient en sa capacité à gagner lors de la prochaine élection présidentielle, contre 65% pour sa nièce. Marine Le Pen est aussi tenue pour plus présidentiable: 81% contre 72%. Aussi, pour ce qui est de réformer le pays, 90% des sympathisants frontistes pourraient s’en remettre à la fille de Jean-Marie Le Pen et 79% à sa petite-fille.»

Enfin,  59% des électeurs du Front National seraient favorables au changement de nom ((20% opposés,  21% sans avis);   41% de l’ensemble des Français penseraient  qu’il s’agit d’une bonne chose, 13% seraient d’un avis contraire, tandis que 46% ne se prononcent pas…ce qui est beaucoup mais pas étonnant  car il s’agit d’y réfléchir un peu posément ce que n’a pas fait forcément  le citoyen lambda.

Le sondage annuel Kantar Sofres-OnePoint indique de son côté que 70% des sondés  seraient  « en total désaccord » avec les idées du FN ( 24% en total accord), 56% d’entre eux, malgré la dédiabolisaiton,  penseraient qu’il représente « un danger pour la démocratie »; 29% des personnes  interrogées disent avoir déjà voté pour le FN ou envisageraient de le faire ( 66%  disent s’y refuser), 28%  (contre 55% d’un avis contraire) souhaiteraient la candidature de Marine en 2022,  16% des Français  estimeraient  que Marine Le Pen ferait une bonne présidente de la République. Ils étaient   24% lors de la précédente enquête réalisée en février 2017 à le dire…mais moins de deux mois après  ce n’est pas un électeur sur quatre mais un électeur sur trois,  prés de 11 millions de Français,   qui ont  finalement   glissé un bulletin Marine dans l’urne.

Les attaques dirigées   sur ordre du socialiste allemand  Martin Schulz dans le cadre de l’affaire dite des assistants parlementaires ont eu aussi des effets délétères puisque  « moins d’un Français sur cinq » ( 28% en 2017),  estime que Marine  est honnête et inspire confiance.  « Un Français sur quatre » ( 36% en 2017) penserait qu’elle a « de nouvelles idées pour résoudre les problèmes de la France » -mais  nouvelles en quoi? par rapport à qui?  Et pourquoi faudrait-il  qu’elles le soient forcément?-  et 30%  (42% en 2017) qu’elle peut « rassembler au-delà de son camp. »

Ce sondage  souligne encore que près d’un Français sur deux (49% des sondés, 69% en 2017) estime que Marine est « capable de prendre des décisions » mais confirme aussi  le basculement de l’ensemble de l’opinion vers des avis partagés et défendus par l’opposition nationale. Ainsi, ils se trouvent en toute logique 92% des sympathisants FN  pour estimer qu’on « ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France » mais ils  sont rejoints  ici par 61% des électeurs de gauche (13 points de plus qu’en 2017) qui partagent  cet avis.  Près de quatre sympathisants de gauche sur  dix ((38%, + 11 points)  trouveraient aussi  qu’il y a « trop d’immigrés en France »,  et un sympathisant de gauche sur  quatre (25%, +11 points),   souhaiterait le retour au franc, comme une majorité des sympathisants frontistes ( 52%, en recul de 12 points par rapport à  2017).

Ce même  baromètre Kantar enregistre aussi  «qu’une majorité de sympathisants LR (51%, + 5) adhère désormais aux constats qu’elle (Marine, NDLR) exprime sans pour autant adhérer aux solutions qu’elle propose.Pour sa part et concernant son image auprès du Grand public, Marine Le Pen continue d’être considérée comme la représentante d’une extrême-droite nationaliste avec 1 Français sur 2 (51%) qui partage cet avis. Un niveau jamais atteint depuis 2010 alors que dans le même temps, les sympathisants LR sont de plus en plus nombreux à la voir comme la représentante d’une droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles (45%, +5).»

Alors quid de l’avenir alors que débute demain le congrès de refondation du FN à Lille? Ce qui est évident , quand bien même peuvent-ils être contestables ici ou là, c’est que les résultats de ces  enquêtes enregistrent  clairement   le contre-coup d’une déception. Elle est à  la hauteur des espoirs qui se sont portés sur Marine et le FN,  quand bien même,  il faut le répéter, nos avertissements sont  souvent  entendus et  partagés par une majorité de Français et qu’une nouvelle étape historique,  un nouveau palier a été franchi dans notre route vers le pouvoir.

Nous savons  aussi qu’un sondage n’est jamais que la photographie de l’opinion à un  instant t,  que la roue tourne vite, que le retournement de l’opinion peut être extrêmement rapide et brutal  sous l’effet  d’une  crise qui va s’amplifier   quoi qu’en disent M Macron et ses amis. Les difficultés, pour ne pas dire les  drames sont devant nous, à moins  d’un changement rapide et complet du désastreux  logiciel euromondialiste qui pilote les destinées de notre pays et de l’Europe.

Mais ce serait se tromper lourdement que de croire nous en pouvons  rester assis au bord du chemin dans le seul espoir de récolter les déçus du macronisme  et de ses alliés de la droite constructive et antinationale. Il nous faut aller chercher cet électorat  de gauche qui, nous l’avons vu,   migre vers nos positions. Mais aussi et surtout,  et le déplacement du centre de gravité de la politique française l’atteste, l’électorat droitier.  Ces Français des  classes moyennes, de la France périphérique, qui ont basculé pour  beaucoup dans l’abstention sont la clé de nos victoires futures,  il va falloir  les convaincre. Et nous ne  le pourrons qu’en nous livrant à un travail de fond.   Bruno Gollnisch ne cesse de le répéter,  cela passe non par une normalisation-aseptisation de notre discours pour plaire à des élites hors-sol et méprisés par les Français, mais par la définition-clarification de  notre programme et de nos valeurs,  indispensable à  cette refondation voulue et annoncée par les instances frontistes.

 

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