Campagne interne : les lignes bougent !

Présent dans le cadre de la campagne interne le 1er  octobre  dans le Finistère et le 3 octobre à Loupiac, ce sont plus de 400 adhérents que Bruno Gollnisch a rencontré en  fin de semaine dernière, « tournée Gollnisch » interrompue ces derniers jours   pour cause de session au parlement européen mais qui reprend lundi dans le Loiret –voir notre rubrique Agenda. Abel Mestre dans Le Monde s’en faisait  l’écho mercredi,  « Il y a un « frémissement » en faveur de (Bruno Gollnisch)  dans la campagne interne au Front national ». Il  cite  notamment  Jacques Colombier, responsable de la fédération d’Aquitaine qui note que la venue du Vice-président du FN sur ses terres fut « un beau succès, du jamais-vu depuis plusieurs années ». «Alors qu’au début de la campagne interne, Bruno Gollnisch paraissait manquer de motivation croit savoir M. Mestre –qui a suivi à l’évidence  de très loin le début de cette campagne…-, les dernières semaines ont vu un changement perceptible dans l’attitude du vice-président du FN ».

 « Il est vrai que M. Gollnisch est toujours très populaire auprès de la base du parti ».  « L’appareil est (avec Marine) ? poursuit le journaliste du Monde,  peu importe (les soutiens de Bruno)  jouent la base. Et font valoir qu’il y a une différence entre le Front légal et le Front réel (…).  Le slogan sur les affiches de M. Gollnisch est clair : Créez la surprise ».

 Couvrant cette même réunion de Loupiac, M.  Bambino, de l’Afp  évoque lui aussi la popularité de Bruno. Il cite dans sa dépêche  cet adhérent qui note que « Marine sait s’adresser aux gens, c’est vrai, mais dans l’image qu’elle donne elle se démarque trop de la ligne. Je fais confiance à Bruno pour être garant des fondamentaux du FN ».

 Ou encore cet autre qui  verrait bien les deux concurrents former un « tandem », « avec Bruno Gollnisch à la tête du parti et Marine Le Pen candidate à la présidentielle de 2012 ». « Chez certains sympathisants, ce genre d’argument peut faire mouche » et Bruno Gollnisch n’a pas exclu ce cas de figure, comme nous le rappelions encore hier sur ce site.

 M. Mestre dans son article, relève lui aussi que « l’idée d’un ticket Gollnisch-Le Pen, où le premier serait président du parti, et la seconde candidate à l’élection présidentielle de 2012 », si elle est « rejetée avec force » par Marine, « germe de plus en plus à la base du FN ».

 Alors certes, le journaliste du Monde  y va de sa petite pique, notant que  « chez les rares supporteurs de Mme Le Pen qui avaient fait le déplacement à (Loupiac), on notait un certain manque de fair-play. Comme ce mariniste qui, malgré l’affluence, estimait que « ce n’est pas un sans-faute, il y a quelques ratés et quelques absences ».

 Le sujet des « absents » a justement été évoqué par Bruno Gollnisch ce matin, invité de l’émission de Christophe Barbier sur LCI –consultable sur notre site.« J’ai déploré les départs du Front National a-t-il déclaré, quels qu’aient été par ailleurs les frictions, les amertumes et les désaccords, parce que je crois très fermement qu’il n’y a place que pour une grande formation, et une seule, apte à défendre l’identité française, pour sortir la France des ornières de la décadence dans laquelle elle se trouve. Par conséquent, je suis pour le retour de ces gens là ».

 Il s’est trouvé cependant  quelques soutiens de Marine pour s’étonner ( ?) de cet appel au rassemblement  et pour le déplorer.  Alain Jamet notamment qui a estimé dans un communiqué  que «  la démarche de Bruno Gollnisch, à quelques semaines, d’un congrès essentiel, n’est pas rassurante pour l’unité de notre famille, elle m’affecte et m’inquiète profondément ». Et M. Jamet de s’interroger gravement : « Le rassemblement proposé par Bruno Gollnisch va-t-il s’étendre jusqu’à Marine Le Pen ? ».

 Rassurons notre vieil ami : il suffit d’écouter et  de lire les multiples déclarations, très claires,   du vice-président du FN  pour être pourtant totalement  rassuré sur ce point, Bruno n’ayant eu de cesse de mettre en exergue les qualités de Marine, allant même jusqu’à évoquer le cas de figure du fameux « ticket ».  Un   partage des rôles entre Marine et lui-même à la tête du FN qui a l’assentiment des adhérents de « base » et même de cadres du FN catalogués officiellement comme marinistes,  comme  certains  d’entre eux nous en ont fait la confidence…

 Bruno Gollnisch le rappelait  dernièrement,   « l’union patriotique » lancée par Jean-Marie Le Pen en 2007 avec Bruno Mégret et la présence  dans l’entourage de Marine     d’anciens mégrétistes, ont « donné l’exemple de ce pardon des offenses, qui est moralement louable et politiquement utile » -voir notre article en date du 24 septembre.  

Ex MNR marinistes aujourd’hui,  dont certains  avaient pourtant à l’époque de la terrible scission de 1998-1999, pour reprendre les termes employés par Alain Jamet dans son communiqué,   « combattu de manière haineuse, le Front National, son Président Jean Marie Le Pen et sa Vice-Présidente Marine Le Pen ».

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