Un Chevènement qui a joué ces derniers jours le rôle qu’on attendait de lui, à savoir celui de rabatteur au profit du système en multipliant les appels aux maires afin qu’ils n’accordent pas leur signature à Jean-Marie Le Pen. Secrétaire départemental FN du Doubs, Robert Sennerich a relevé dans le quotidien Le Pays en date du 2 décembre qu’il s’agissait là de « bien curieuses déclarations pour un homme qui ne cesse de se référer aux valeurs démocratiques ». « A moins que tout ceci », poursuit-il, « ne soit que le reflet d’un politicien aux abois, dont la seule motivation serait de mendier l’obtention d’un plat de lentilles aux législatives de 2007, voire d’un miraculeux maroquin ministériel ». Le responsable frontiste était évidemment dans le vrai puisque l’accord scellé entre M. Chevènement et Mme Royal prévoit, en effet, l’attribution par le PS de dix circonscriptions aux chevènementistes lors des prochaines législatives. Bref, « les grands principes républicains cela vaut dix circonscriptions ! », a noté Marine Le Pen lundi en marge d’une conférence de presse dont nous rendrons compte dans notre prochaine édition. Toujours est-il que nos compatriotes ont déjà jugé à leur juste valeur les qualités de grand démocrate, la force de conviction et le courage de Jean-Pierre Chevènement puisque celui-ci est passé de 3 % des intentions de vote à l’annonce de sa candidature, à 1 % dans les derniers sondages…