Avec une amnésie volontaire, nous l’avons déjà souligné ici, les médias feignent d’ignorer que le FN est un Mouvement qui défend les notions de justice sociale et de solidarité nationale, consubstantielles à son projet, depuis ses origines. Une opposition nationale qui s’est dotée au tout début des années 90 d’un corpus programmatique visant à défendre tout particulièrement les Français les plus modestes, les services publics, face aux ravages, déjà, de la mondialisation et de l’idéologie mondialiste. Il suffit pour cela de relire nos programmes précédents, les discours de Jean-Marie Le Pen, des dirigeants frontistes, les études portant sur la sociologie des millions d’électeurs frontistes de 1988 ou de 2002…
Médias qui pareillement, font mine de découvrir ces derniers mois que l’électorat frontiste ne se réduit pas à la vision étroite, aux mauvais fantasmes qu’en ont ses adversaires les plus ignorants ou les plus partiaux. Rendez vous compte, l’homme ou la femme qui s’apprêtent à voter Marine et FN ne se sont pas échappés d’un roman cauchemardesque de Didier Daeninckx ou de Jean-Christophe Grangé, mais ce sont des braves gens ! Ils ressemblent à votre voisin chômeur victime d’une délocalisation , à votre cousine étudiante, à votre plombier ou à votre dentiste… Bref ce sont des Français comme les autres, libérés, conquis, attirés par le talent et la pugnacité de la présidente-candidate du FN, qui subissent plus particulièrement peut être les affres de la crise et sont certainement plus en colère contre les mensonges et les échecs de sarkozy, de l’UMPS.
Comme des dizaines de ses confrères dans les années 90, l’hebdomadaire Marianne nous refait donc cette semaine le coup du reportage sur les électeurs lepénistes dans un copieux dossier brossant à grand trait et donnant la parole à plusieurs d’entre eux. « Je vote Marine Le Pen l’enquête qui doit ouvrir les yeux « titre en une l’hebdomadaire qui prend bien soin de précéder les propos des électeurs couchés ici sur le papier d’un éditorial très peu sympathique de Maurice Szafran sur l’engeance frontiste…
Un dossier qui, en creux, vient cependant confirmer le long entretien accordé par le politologue Laurent Bouvet sur le site de l’Expansion et publié hier. Le dernier ouvrage de cet universitaire , « Le sens du peuple », s’arrête justement sur les raisons pour lesquelles « par peur et par pragmatisme, le PS s’est coupé des classes populaires, substituant à la lutte sociale et collective la défense des individus et des minorités ».
Une désaffection du PS pour les catégories populaires et de ces dernières vis-à-vis de ce parti visible dés les années 80 et qui a été formalisée par le think tank socialiste Terra Nova –voir notamment notre article en date du 18 mai dernier- au nom d’un « projet multiculturel, sociétal et libéral d’une gauche qui assume son évolution. »
En effet « le PS est devenu, comme pratiquement toute la gauche, le défenseur d’une vision libérale de la société : par exemple, de l’extension de droits illimitée pour l’individu, ce qui conduit mécaniquement à la déconstruction de toute idée de puissance publique, de souveraineté commune, de sens de l’Etat vu autrement que comme le guichet d’un service. »
Il met cependant en garde : « si les classes populaires traditionnelles se mobilisent pour d’autres candidats, comme en 2007, la gauche ne peut pas gagner » affirme encore M. Bouvet soulignant que le PS a totalement perdu « sa diversité sociale » puisque « Les CSP +, les diplômés du supérieur, les agents publics, y règnent en maîtres. »
Enfin conclut-il, dans l’hypothèse, qu’il juge probable, d’une victoire du candidat du PS, « même s’il ne faut pas que le candidat du PS fasse la même erreur qu’en 2002 » il s’interroge : « gagner pour faire quoi ? Rééditer 1997-2002 ? Si François Hollande gagne par défaut, cela voudra dire aussi que Marine Le Pen sera arrivée très haut. Si, par exemple, il y a un 21 avril à l’envers, gouverner le pays sera très difficile, voire impossible. François Hollande n’aura pas une heure d’état de grâce. La France peut-elle se permettre d’avoir un nouveau pouvoir dont elle n’attend rien ? »
A court ou à moyen terme en effet, c’est bien ce système qui, dans sa globalité, est condamné, estime lui aussi Bruno Gollnisch…
lebihan dit
Bonjour,
Compte tenu de ce que nous observons quant aux médias et leurs « choix », il y a de sérieuses questions à se poser sur le fonctionnement démocratique de notre pays. Comme je l’ai dit dans un autre commentaire, le candidat non déclaré Sarkozy a été lâché par BFM TV et I télé (et France Télévision), qui sont des porte-voix importants de l' »etablishment ». Je n’ai pas rêvé ce « lâchage », plusieurs articles disponibles sur l’internet en font état et le « lâché » est assez furieux. D’ailleurs, cet état de faits pose la question de l’ « indépendance » des médias et de leur porosité.
A titre personnel, le battage « hollandais » m’a sérieusement agacé et est l’illustration de cette perméabilité des chaines d’information à des choix faits par des sphères décisionnels qui dépasseraient le système politique représentatif. En effet, Sarkozy n’est plus le « meilleur cheval » pour conduire les projets du système oligarchique et ploutocratique international. Les Socialistes européens se sont montrés les plus « efficaces » pour conduire les « réformes saignantes » dans les pays ou la dette a explosé (Grèce, Portugal, Espagne…) Afin, d’être clair, j’illustrerai mon propos par une formule quelque peu virulente: « les sociaux démocrates sont les meilleurs balayeurs et ramasseurs de décombres laissés par les ravages de l’ultra-libéralisme ». De plus, de par cette étiquette « sociale », ils sont « logiquement »t les plus » qualifiés » pour rendre la pilule des « politiques de rigueurs » ( qui succèdent aux désastres ), « avalable » par le peuple.
C’est cela l’alternance qu' »on » nous propose. Mais sur le fond, c’est une grande continuité qui nous conduit vers l’abime. D’ailleurs, s’il ne s’agissait que d’économie, sans doute aurions nous pu, nous le peuple, reprendre la main. Ceci n’est pas possible, car une savante ingénierie sociale a été mise en place, en parallèle du pillage économique. Mise en lumière des minorités sexuelles, « laîcardisation » intensive, précarisation économique, valorisation d’un consumérisme outrancier, bourrage de crâne médiatique par crétinisation télévisuelle intense (séries à la noix, émissions de divertissement d’un niveau affligeant, télé réalité poubelle et animateurs tous plus crétins les uns que les autres) ont eu tôt fait de ramollir les cerveaux. Ajoutons à cela, une stigmatisation et « ringardisation » outrancières de toute organisation qui dénoncerait cette stratégie et le tableau est complet.
Mais quel est le projet final de cette » infernale machine « me direz vous ? Gouverner sans nous, cela va de soi. D’ailleurs, la proposition que vient de faire Mme Merckel à propos de la mise sous tutelle de la Grèce, avec « droit de veto » accordé à un commissaire (sorte de gouverneur) chargé de cette tutelle, cette subordination est l’illustration claire et précise de volonté de domination des peuples par des entités supra-nationales, aux ordres de la ploutocratie mondialisante. Le fait que cette proposition ait été faite par un dirigeant de rang important du pays le plus peuplé de l’UE devrait nous alarmer. A mon sens, cette proposition est un ballon d’essai. On balance le pétard, on observe les réactions, mais à terme, les esprits se feront à l’idée. C’est de l’ingénierie sociale ou je ne m’y connais pas.
Nous devons réagir vite, sinon, nous sommes perdus !
Cordialement.